Le gazon est toujours plus vert

Le gazon est toujours plus vert chez l’voisin, comme on dit. Les paysages sont toujours plus grandioses ailleurs. On est toujours plus relaxé quand on voyage au sud. Les autres sont toujours chanceux. Les autres respirent toujours le meilleur air et ont des activités plus palpitantes. La vie est toujours plus intéressante pour les autres, plus rose chez les autres, plus lumineuse ailleurs.



Avez-vous, des fois, comme moi, des pensées qui ressemblent étrangement à celles-là?


Je ne sais pas si c’est ma nature humaine, ma nature à la confiance en soi fragile, une peur vaguement présente de manquer quelque chose, ou tout ça alimenté par des réseaux sociaux aux partages (extrêmement) bien choisis, mais je me surprend souvent à comparer chaque p’tits recoins de ma vie à celle des autres. Ou à celle que les autres veulent bien montrer au grand jour sur leur Instagram, devrais-je dire.


Mes cheveux, mes vêtements, ma silhouette, mon décor de maison, mes activités, mon travail, mes ami.e.s, tout passe dans le tordeur futile de la comparaison que j’actionne sans même trop y penser. C’est automatique. Un réflexe. Nos vies sont-elles si vaines et sans saveur qu’on doit toujours les plaquer aux côtés de ceux qui nous entourent, ou de ceux qui nous inspirent sur les réseaux sociaux pour en vérifier le degré de bonheur?


Bien sûr que non!


C’est qu’en fait, parfois, j’ai l’impression que nous avons le nez tellement collé sur notre quotidien, qu’on oublie de prendre du recul et l’observer de loin, notre beau gazon. On oublie que ce qu’un a de “plus” que nous, n’est pas quelque chose que nous avons en moins. On oublie que le bonheur de l’un n’est pas nécessairement notre bonheur à nous. On oublie que ce qui est beau de la vie, c’est sa différence, sa variété, et le fait qu’on peut en faire ce qu’on veut (ou presque).


Quand notre situation semble épouvantable ou vraiment moins “bien” que celle d’un autre, pourquoi ne pas prendre un peu de recul et observer. Il y a des zones d’ombres partout, même chez le voisin. Mais il y a aussi des zones ensoleillées, même chez nous. Et qui, en fait, possède la vérité unique de ce dont une vie “bien” ou “mieux” est supposée avoir l’air? Personne. Ces concepts sont des inventions de nos esprits suiveurs, influencés par diverses sources, les médias, réseaux sociaux, publicités, entre autre.


Notre gazon n’a pas besoin d’être vert, comme ceux de tout le monde. Si on prenait quelques pas de reculs, on pourrait les voir, ces étendues multicolores, et on se rendrait compte, peut-être, qu’il a toujours été magnifique ici aussi, le gazon, malgré ses cent couleurs; on l’observait seulement de trop près.


Et si on en prenait soin de notre gazon au lieu de le comparer à celui des autres?

Câlins,

Andy L.

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